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Fermeture définitive de la Galerie Jérôme de Noirmont

21 Mar

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C’est de façon tristement inattendue que la galerie parisienne Jérôme de Noirmont active depuis 1994 a aujourd’hui annoncé qu’elle fermerait définitivement ses portes le samedi 23 mars, dernier jour de la très belle exposition consacrée aux peintures de Marjane Satrapi. Le couple Jérôme et Emmanuelle de Noirmont avaient su s’imposer parmi les plus grands galeristes de la scène parisienne avec à leur actif des artistes renommés tels que Keith Haring, Shirin Neshat , Jeff Koons ou Pierre & Gilles. Une galerie aux choix pointus qui manquera sans nul doute au paysage artistique contemporain.

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Marjane Satrapi, une peintre haute en couleur

21 Mar
 (Fig.1) Sans Titre, 2012, Acrylique sur papier marouflé sur toile, 63,5 x 48,5-cm,Courtesy galerie Jérôme de Noirmont

(Fig.1) Sans Titre, 2012, Acrylique sur papier marouflé sur toile, 63,5 x 48,5-cm,Courtesy galerie Jérôme de Noirmont

     Dans la catégorie artiste complète le nom de Marjane Satrapi mérite amplement sa place. Connue du grand public pour ses talents de dessinatrice de bandes-dessinées noir et blanc (Persépolis, Broderies, Poulet aux Prunes), de réalisatrice (Persépolis, Poulet aux prunes), ou même récemment de comédienne (La Bande des Jotas), l’artiste iranienne révèle pour la première fois ses qualités de peintre à travers 21 toiles exposées dans la prestigieuse galerie parisienne Jérôme de Noirmont.

Un univers féminin mais pas féministe

Réalisées entre 2009 et aujourd’hui, ces peintures à l’acrylique  représentent uniquement des portraits de femmes. La série se compose de 12 portraits solos (fig.1), 6 en duo (fig.2) et 4 groupés (fig.3). Si au rez-de-chaussée de la galerie les grands formats et l’animation des portraits à plusieurs sont mis à l’honneur, le premier étage nous plonge dans l’intimité des portraits solo où chaque protagoniste semble être perdu dans ses pensées. Bien que l’artiste nous invite ici dans un univers féminin, la galeriste Emmanuelle de Noirmont met en avant “une démarche très éloignée de tout féminisme“ et de préciser que Marjane Satrapi est tout simplement “plus inspirée par les visages féminins.“  Pas de combat idéologique donc, mais une attirance purement esthétique.

Le style Satrapi “ en couleur“

Le style épuré des bandes-dessinées de l’artiste telles que Poulet aux prunes se retrouve dans les peintures de Marjane Satrapi: quelques lignes suffisent à donner corps aux personnages. “L’apparente“ simplicité du trait contrebalance avec la très grande expressivité du regard des femmes. Mais ici le noir et blanc des bandes-dessinées a donné place à de la couleur vive où l’association des trois couleurs primaires à des non-couleurs (blanc, noir et gris) se répète dans la majorité des œuvres présentées. Traitées en aplat, les couleurs viennent remplir les formes et constructions géométriques des personnages faisant  ainsi écho aux œuvres abstraites de Mondrian, artiste que Marjane Satrapi avoue admirer.

fig.2 Sans Titre  2012 Acrylique sur toile 150,3 x 100,5 cm Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

fig.2 Sans Titre 2012 Acrylique sur toile 150,3 x 100,5 cm Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

Mises en scène énigmatiques

L’humour et la légèreté des bandes-dessinées ont disparu au profit d’une émotion plus intense. Les mises en scènes élaborées par la peintre laissent le visiteur en proie à de nombreuses interrogations. Dans les portraits solos, le personnage ne regarde jamais de face, le visage ou le regard est tourné vers l’extérieur de la toile. Comme le souligne Marjane Satrapi, “ce qui nous attire ici, c’est le hors-champs“ nous obligeant à nous demander ce que regarde la jeune femme du tableau. Dans les portraits groupés c’est le jeu de regard qui interpelle. Quelles relations le peintre veut suggérer entre les différents protagonistes ? Que se racontent-elles ?

Les femmes iraniennes de son enfance

Dans cette série les femmes ont les cheveux noirs épais, la bouche close et les lèvres recouvertes de rouge. Leurs expressions se veulent tour à tour sévères, tristes, blasées, fâchées, mélancoliques ou pensives. Les héroïnes de Marjane Satrapi s’inscrivent dans des scènes de la vie quotidienne : une cigarette ou un livre à la main, s’apprêtant à manger un fruit ou à boire un thé, en pleine conversation avec une mère, une sœur, une amie peut-être ? De l’histoire qui se trame, nous n’en saurons rien. Avec ses compositions sans titre, l’artiste ne donne aucun indice, nous laissant face à nos incertitudes. Si l’histoire de ces femmes reste inconnue, l’artiste puise son inspiration dans son environnement familier: “j’ai souvent peint ma grand-tante, moi-même, ma grand-mère, ses cousines, d’autres dont je n’ai que de vagues souvenirs“. L’artiste a crée des personnages à l’image des femmes qui l’ont entouré lors de ses années passées en Iran, de “celles qui m’ont faites“ confesse-t-elle.

fig.3, Sans Titre, 2012 Acrylique sur toile 140 x 140 cm, Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

fig.3, Sans Titre, 2012 Acrylique sur toile 140 x 140 cm, Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont

La prédiction

La passion de Marjane Satrapi pour la peinture n’est pas nouvelle. Elle est même la première. L’artiste raconte la relation privilégiée entretenue durant son enfance en Iran avec une grande-tante. Peintre, poète et divorcée de son mari avant même sa première de nuit de noces, cette femme libre et indépendante avait étudié la peinture en Suisse. Ce court séjour lui valut le surnom de “Ammeh Suisse“ (“Tante Suisse“ en persan). Préférant la compagnie de la vieille dame à celle des enfants, Marjane passait ses fins de semaines à écouter sa tante lui conter des histoires d’amour et de vengeance tout en dessinant et peignant sur tous les supports possibles, y compris les murs de la maison. Avant de mourir d’un cancer, la tante avait prévenu la petite artiste en herbe de six ans : “avec un front pareil, soit tu seras peintre, soit écrivain, soit les deux“.

A travers ses peintures chargées d’émotions et de mystères, Marjane Satrapi, artiste aux ressources inépuisables, semble rendre un vibrant hommage  à sa bien-aimée “Ammeh Suisse“ qui avait prédit avec humour son brillant avenir.

Informations pratiques : Marjane Satrapi, Peintures ; Galerie Jérôme de Noirmont, 38 avenue Matignon, 75008 Paris. Jusqu’au 23 mars 2013.

Remerciement : Merci infiniment à Emmanuelle de Noirmont pour sa gentillesse et pour avoir autorisé la publication des photos sur artbruxelles.

Photo : Marjane Satrapi. Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont.

Cinq photographes iraniens en Normandie

8 Mar

fig.12

La photographie iranienne vue de l’intérieur ? C’est ce que propose la très belle exposition “Un air nouveau“ (Havâye Tâze en persan) à la Maison des Arts d’Evreux qui rassemble les trente travaux de cinq artistes iraniens.

C’est sous l’impulsion de Brigitte Brulois, conférencière aux Palais des Beaux-Arts de Lille et artiste plasticienne que le projet est né. Le choix de l’Iran n’a rien d’étonnant quand on sait l’attirance de la commissaire d’exposition pour la langue et la culture iranienne, la connaissance du pays à travers plusieurs voyages, et le fait d’avoir rencontré personnellement tous les artistes (à l’exception de Navid Reyhani).

Brigitte Brulois souhaitait d’abord “ montrer une vision actuelle“ de l’Iran, “ une vision pas très souvent joyeuse“ déplorera-t-elle. Il lui était donc indispensable de présenter les travaux d’artistes résidant et travaillant dans le pays. Il était aussi délibéré de ne pas articuler l’exposition autour d’un thème et ce afin de donner une vision panoramique de la scène artistique iranienne. Enfin, on dénote la volonté   de la commissaire d’exposition de présenter le travail de femmes photographes dénonçant  la condition féminine iranienne et les injustices sociales.

Le ton est donné et les œuvres engagées. Comment dans un pays où la liberté d’expression est souvent malmenée, ces artistes arrivent à transmettre le malaise d’une génération coincée entre le poids des traditions et le désir de modernité ? Comme l’expliquait Anahita Ghabaian Etehadieh, directrice de la célèbre Silk Road Gallery à Téhéran, lors d’un entretien à RFI, “ la photographie n’est pas un jeu pour les artistes iraniens“ car les sujets sont rarement neutres ou désengagés. Pour pouvoir alors s’exprimer ou dénoncer les préjudices, l’artiste doit être capable de contourner les interdits à l’aide de métaphores, sous peine d’être censuré.

Décryptage.

La condition de la femme

Dans sa sublime série en noir et blanc, “Miss Butterfly“ ( fig. 1, 2 & 3), réalisée en 2011, Shadi Ghadirian (née en 1974), figure majeure de la photographie iranienne, montre une femme qui tisse patiemment une gigantesque toile d’araignée dans les différentes pièces de son appartement. La singularité de la mise en scène a été inspirée par la pièce de théâtre Shaparak Khanum écrite par le célèbre dramaturge iranien Bijan Mofid, racontant l’histoire d’un papillon prisonnier d’une toile d’araignée. En reprenant ce conte, la photographe remplace le papillon par une femme captive de son domicile. Si la vulnérabilité et l’isolement de la femme au sein de la société iranienne sont au coeur  de cette série, l’artiste incorpore dans chaque cliché des sources de lumières, symboles d’espoir et de changement. Dans ces photos, Shadi Ghadirian réussit à concilier l’esthétique à la transmission subtile d’un message.

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fig.1

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fig.2

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fig.3

 Chez Katayoun Karami (née en 1967), la dénonciation de la condition féminine est plus frontale. Adepte de l’auto-portrait, l’artiste se met en scène dans la série “Censorship“ datée de  2004. Elle aborde les problèmes identitaires tels que l’importance d’exister dans une société “dont l’apparence physique [des femmes] doit être niée publiquement“. Ainsi le nombre inscrit sur la plaque d’immatriculation d’un prisonnier  lui donne “la preuve de [son] existence“ ( fig.4). La femme-puzzle ( fig.5) évoque l’identité de la femme “divisée en plusieurs pièces dont la singularité détruite devient un jouet à ne pas trop prendre au sérieux“. Enfin en se recouvrant d’un drap plastique blanc rappelant “le blanc sacré du linceul destiné à effacer les crimes et le sang des blessures“ ( fig.6), Katayoun Karami dénonce l’hypocrisie des “ gardiens de la morale“ et des injustices faites aux femmes.

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fig.4

fig.5

fig.6

La ville

A travers la série “ L’inverse de la ville“ ( fig. 7 & 8), Hamid Ghodrati (né en 1985) montre la ville de Téhéran illuminée mais complètement désertée. Avec ces photographies retravaillées, le photographe semble nous montrer que la vie à l’extérieur n’a pas lieu. Où sont passés les gens ?  Peut-être chez eux, la où ils sont à l’abri des contraintes et des interdits.

fig.7

fig.8

Simulacre et profusion d’images

Avec “Simulation“ ( fig.9 & 10), une série assez intrigante, Mehrdad Asgari Tari (né en 1972) semble explorer plusieurs thèmes à la fois : les multiples facettes des individus “qui acceptent l’aspect multilatéral de leur condition“ tout en attendant le changement  mais aussi une réflexion sur la photographie numérique et son abondance d’images qui, comme l’explique Brigitte Brulois, “masque et dénature la réalité en la remplaçant par des simulacres“.

fig.9

fig.10

La liberté inaccessible

Navid Reyhani (né en 1985) est incontestablement la découverte de l’exposition. Dans sa série noir et blanc intitulée “ Corridor“ ( fig.11, 12 & 13), le jeune photographe  “a construit un corridor vide en ciment où on n’entend le pas d’aucun voisin, où on sent seulement le parfum familier de [ses] rêves qui tournent des quatre côtés“. Une mise en scène dépouillée, quelques objets de la vie courante et un couloir sans issue suffisent à démontrer l’absence de liberté dans une atmosphère à la fois poétique et oppressante.

fig.11

fig.13

Armés de ténacité et d’imagination, ces cinq photographes iraniens nous transmettent leur vision d’un pays en ébullition tout en nous laissant au passage une belle leçon de courage et d’espoir.

Remerciements: Merci infiniment à Brigitte Brulois de m’avoir si gentiment accordé une interview et de m’avoir autorisé  la reproduction des photos sur artbruxelles. Merci également à Fabienne Dupont de la Maison des Arts de sa précieuse aide.

Merci à l’association âbe ravân (aabe.ravaan@gmail.com/ http://www.aaberavaan.com), la Ville d’Evreux et à la Scène Nationale Évreux Louviers qui ont permis à cette d’exposition d’avoir lieu.

Infos Pratiques: 

Maison des Arts Solange-Baudoux, Place du Général de Gaulle, 27000 Evreux.

Exposition “ Une air nouveau/ Havâye Tâze“ ouverte du 11 janvier au 9 mars 2013. Entrée libre
 Mardi, jeudi et vendredi 10h-12h, 14h-18h.

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Quand le Parlement Européen invite les artistes iraniennes d’Unexposed

31 Jan
Fig. 1

Fig. 1

Après le franc succès fin 2012 à Bruxelles de l’exposition Unexposed* qui réunissait les œuvres de 40 jeunes artistes iraniennes, c’est au tour du Parlement Européen de les présenter, “afin de voir autre chose de l’Iran“.

Unexposed c’est quoi ?

C’est le pari audacieux de la commissaire d’exposition, Fery Malek-Madani,  femme de cœur d’origine iranienne, militante des droits de la femme, spécialiste de l’Iran et fondatrice d’Art Cantara asbl “pour la création de ponts entre les cultures“.

Fig. 2

Fig. 2

En 2010, elle lance sur Facebook un appel aux artistes iraniennes qui voudraient participer à son projet artistique. Pour être sélectionnée, elles doivent répondre à trois critères spécifiques: être une femme , née entre 1971 et 1991, vivant et travaillant en Iran. Sur les 400 réponses reçues, Fery Malek-Madani, assistée d’un jury composé de professionnels, retient 40 artistes.

Elle part aussitôt à leur rencontre pour découvrir leurs univers artistiques, leurs démarches mais aussi leurs histoires personnelles. A chacune, elle demande à voir les œuvres qui n’ont jamais été exposées et de lui en expliquer les raisons. Parmi les causes invoquées, le refus des galeristes par peur d’éventuelles représailles mais aussi l’autocensure de l’artiste elle-même.

“On peut peut-être interdire les artistes d’exposer mais certainement pas les empêcher de créer“ (Fery Malek-Madani)

Fig. 3

Fig. 3

C’est en choisissant parmi “ces interdits“ que Fery Malek-Madani a réalisé son Unexposed rassemblant 80 œuvres (deux par artistes) jusqu’à présent cachées dans des appartements familiaux, dortoirs de jeunes filles, bureaux ou ateliers.

Fig. 4

Fig. 4

La génération post-révolutionnaire

Mettre en place des évènements dédiés aux artistes iraniennes, offrir “un espace de liberté“ pour qu’elles puissent s’exprimer, Fery Malek-Madani en a fait son leitmotiv. Mais cette fois-ci, elle met en lumière le travail d’une génération d’artistes très spécifique: celle de l’après-révolution qui n’a connu de l’Iran que la République Islamique. Pour la commissaire d’exposition il s’agit de montrer comment ces jeunes femmes qui “ont été élevées à l’école du régime islamique et baignées dans la pensée unique“ réussissent malgré tout à produire “un art totalement universel“ ainsi qu’à avoir une ouverture d’esprit sur le monde qui les entoure.

fig. 5

fig. 5

Contestation sous-jacente

A travers les sujets traités, on découvre la critique acerbe de cette jeunesse coincée entre les dictats d’une société aux mœurs archaïques et l’attirance pour la modernité qu’incarne le monde occidental. Dans leur oeuvres, elles expriment souvent leur colère et frustration.

Les thèmes de la liberté, des droits de la femme, de la guerre,  de la modernité, de  l’Occident et de la technologie se trouvent au coeur de leur préoccupation et de leur univers artistique.

fig. 6

fig. 6

La discrimination et la condition de la femme se traduisent de façon différente : violemment à travers les deux photos chocs de Samin Abarquoi (fig. 1 et 2) ; plus tristement chez Fariba Dehghanizadeh (fig. 3); impressionnante et angoissante chez Atousa Vahdani avec sa Shabnam,(fig. 4) enveloppée dans du “thermé“, tissu traditionnel iranien, utilisé notamment pour recouvrir les morts…

fig. 7

fig. 7

Chez Maryam Majd, les femmes font de la résistance. La jeune photographe y montre des sportives qui malgré le port obligatoire du “hejab“ continuent à exercer leur sport de prédilection ( fig. 5).

fig. 8

fig. 8

M. Kaseaei Nasab, exprime le désarroi “d’une génération qui  ne comprend pas pourquoi elle est sous sanction“ et la difficulté d’obtenir un visa quand on vient d’Iran ( fig. 6). Le monde est un village nous avait-on dit ? Pas pour elle en tout cas qui a vu son visa refusé par la France.

La quête de liberté se traduit chez Sahar Mokhtari par la rencontre fictive de deux héros de l’Histoire: le tristement célèbre Vietcong exécuté en 1968 par un officier sud vietnamien et Sattar Kahn, révolutionnaire iranien du début du 20ème siècle, morts tous deux au nom de la liberté ( fig. 7).

fig. 9

fig. 9

Les artistes telles que Delara Pakdel et Homa Arkani, révèlent à travers leurs œuvres un pays à deux vitesses ( fig. 8 et 9). La première met en scène des dervish (équivalent du moine occidental) en vêtements traditionnels se promenant dans le métro. La jeune peintre souhaite montrer aux occidentaux que l’Iran possède aussi des moyens de transports modernes . La seconde exprime une société à la fois accablée par le poids des traditions et inéluctablement attirée par le mode de vie occidental.

Le traumatisme de la guerre Iran-Irak apparaît chez Neda Moradi. Avec Fear of darkness, elle raconte son enfance entièrement passée dans la terreur de voir des soldats s’introduire dans sa chambre ( fig. 10).

fig. 10

fig. 10

Enfin, dans sa vidéo » Iran unveiled and veiled again », la réalisatrice Firouzeh Khosrovani raconte avec nostalgie l’histoire du voile islamique, abolit en 1936 pour redevenir obligatoire en 1979.

En Iran, on dit souvent que le changement se fera grâce aux femmes et aux jeunes. Pour Fery Malek-Madani “cette génération d’artistes est véritablement porteuse d’espoir“. Malgré tout ce qu’on a voulu lui inculquer et après plus de trente ans d’autoritarisme et de dictats religieux, elle arrive à garder une ouverture et une liberté d’esprit qui forcent le respect.

Une génération d’artistes iraniennes qui n’est pas dupe et qui attend patiemment son tour ? A aller découvrir d’urgence jusqu’au 1er février au Parlement Européen**.

Infos pratiques: Séance de rattrapage à Athènes (mi-février à mi-mars à la Fondation Michael Cacayonis) puis à Varsovie ( mi-mars à mi-avril au Musée Ethnographique) pour ceux qui auraient raté Unexposed à Bruxelles.

Remerciement: Merci infiniment à Fery Malek-Madani de m’avoir accordé quelques heures de son précieux temps et de m’avoir autorisé  la reproduction des photos sur artbruxelles.

* Unexposed, Tour & Taxis, Bruxelles du 9 Novembre au 25 décembre 2012.

** Unexposed, Parlement Européen, Bâtiment Spinelli, Bruxelles, du 28 janvier au 1er février 2013

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