Monir Shahroudy Farmanfarmaian n’a pas envie de parler

28 Août
Monir Shahroudy Farmanfarmaian

Monir Shahroudy Farmanfarmaian

“Monir Shahroudy Farmanfarmaian est en retard pour la conférence de presse“ s’excuse le très sérieux commissaire d‘expo Dirk Snauwaert avant de rajouter non sans ironie “ en même temps on peut bien l’attendre, elle, a attendu toute sa vie la reconnaissance du milieu de l’art“.

Oui, Monir, iranienne de 89 printemps et considérée comme l’une des figures clés de l’art contemporain iranien a patiemment attendu son tour pour exister “ internationalement“.

Le Wiels, prestigieux centre d’art contemporain bruxellois, lui consacre une exposition réunissant une vingtaine de “sculptures-mosaïques“ qui ont fait sa réputation. Des miroirs – hommage à l’architecture islamique- cassés, fragmentés et déstructurés où le reflet du regardeur est mis à mal.

La rencontre tant attendue avec Monir est décevante. La petite dame aux cheveux blancs est arrivée presque agacée. Bien sur, elle est âgée et a voyagé de Téhéran, mais tout de même. Monir n’a pas envie de parler. Quand on réussit finalement à l’approcher pour lui confier être venu afin d’écrire sur son travail, Monir balaie d’un geste l’initiative et rétorque en iranien : “Tout ce qui devait être dit  à mon propos a déjà été écrit !“.

 Monir Shahroudy Farmanfarmaian.

Monir Shahroudy Farmanfarmaian.

Monir est née en 1924 à Qazvin dans une famille iranienne aisée. A 17 ans elle part s’installer aux Etats-Unis et travaille pour Andy Warhol puis pour un magasin de décoration où elle ne cessera de peindre des fleurs. Peu de temps après, la jeune artiste en herbe repart en Iran et entreprend de visiter ce pays qu’elle ne connaît pas bien. Elle visite les mosquées, les lieux saints, les endroits touristiques mais part aussi à la rencontre des bédouins. C’est la tête chargée d’images et de sensations qu’elle retourne aux Etats-Unis. Fascinée par la beauté des miroirs découverts dans les palais et les mausolées, Monir commence à les sculpter inlassablement mais à sa manière: de forme circulaire, hexagonale ou pentagonale,  le miroir- reflet de l’âme- est alors fragmenté et bousculé.

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette artiste mais son silence nous a coupé la chique. Dommage.

Monir Shahroudy Farmanfarmaian, Zahra, 2009, Mirror mosaic and reverse glass painting, 185 x 135 cm

Monir Shahroudy Farmanfarmaian, Zahra, 2009, Mirror mosaic and reverse glass painting, 185 x 135 cm

Monir Shahroudy  Farmanfarmaian.

Monir Shahroudy Farmanfarmaian.

«Jef Geys / Monir Shahroudy Farmanfarmaian», Wiels Centre d’art Contemporain, Avenue Van Volxem 354, 1190 Bruxelles, jusqu’au 15 septembre.

Merci au Wiels pour les visuels

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Une Réponse to “Monir Shahroudy Farmanfarmaian n’a pas envie de parler”

  1. Capucine septembre 4, 2013 à 12:00 #

    Dommage qu’elle ait été aussi mutique en effet – son travail a pourtant l’air très intéressant. Merci d’avoir décidé de le présenter ici, malgré ces fâcheuses circonstances!

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